Mais de quel travail parlons-nous ? Bien évidemment je ne considère pas mon "métier" d'artiste comme l'expression imagé d'un tripalium. Au contraire, ce seraient d'autres énergies qui se manifestent dans le cas d'une carrière artistique, une "énergie du contre" - dont j'ai déjà parlé - et qui est cette énergie - qui n'est pas négative - qui se manifeste contre la possibilité pour un artiste de vivre de son travail...
Pour faire la distinction je parlerai de "tripalium" pour le travail pénible, et de "travail" pour une activité épanouissante : pour moi, ma création.
Nous parlerons alors de tous ces travaux exécutés par 70 % des travailleurs : travaux pénibles, difficiles, ennuyeux, précaires, violents, peu gratifiants et qui ne mènent à rien d'autre qu'au faible espoir qu'un jour, la situation, le salaire, les conditions, changeront...
Je suis artiste-plasticien et peu - ou pas encore... - connu. Il me faut donc "tripalier" pour acquérir ce minimum d'indépendance qui est nécessaire pour pouvoir par après créer, et tenter de me libérer de cette condition de travailleur-esclave.
Mais je ne serais pas artiste à mon sens, si je ne m'invistissais pas dans mon "tripalium" comme artiste et donc comme travailleur.
Le "tripalium" qui est le mien est un travail d'intérim, travail sans intérêt, sinon d'avoir un smic amélioré et donc d'avoir un peu d'argent pour continuer à créer.
C'est alors que m'ai venu l'idée de "faire apparaître" ce que je vois au travers de mon tripalium et de tenter de donner une vision de cette situation grâce à mon travail artistique.
Cela donne une "Histoire banale et douloureuse d'un Tripalium."
Arrivant dans cette entreprise, je me suis soudainement souvenu de Sisyphe. Ce pauvre hère qui fut condamner à ramener un rocher au sommet d'une colline et quand cela fut, son rocher redescendait pour qu'il recommence la tâche pour l'éternité. Sisyphe existe, dans tout le monde du "tripalium"...
Nous voilà donc devant cette montagne de documents, devant cette forêt de papier dont la seule fonction n'est que d'archiver, de classer, de référencer des nombres, des horaires, des tableaux, des factures...
" Sisyphe et la benne 1" (21/05)
"Sisyphe et la benne 2" (21/05)
"Sysiphe et la benne 3" (21/05)
"La Montagne peut-elle disparaître ?" (21/05)
Pourtant elle ne semble jamais disparaître... Alors c'est là que l'on voit apparaître, au détour d'une porte l'îcone, l'hégérie d'un ouvrier, d'un tripallieur. Bien évidemment on se dit que ces icônes sont ringardes, et pourtant, elle fait sourir, elle fait même peut-être rêver et on se dit que l'évasion est possible, que la montagne disparaîtra, même si l'îcone n'apparaîtra pas...
"Il reste un espoir ?" (21/05)
Si c'est une histoire banale et douloureuse, est-elle nécessaire cette histoire répétée de la douleur du tripalium ? Il semble que oui et rien ne nous permet de croire que cela va changer...
Alors soyez 'Patactiviste : Evadez-vous... comme vous le pouvez.
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