Ensemble de mes projets artistiques et des recherches effectuées au travers de mes résidences et de mes expériences.
Je m'applique toujours à un travail « in situ ».
C'est dans le contexte d'une résidence, d'une exposition, de ma présence dans un lieu que je fabrique les protocoles qui vont donner lieu à la réalisation d'un travail. Je me réapproprie des objets du quotidien pour les resymboliser et « faire apparaître » nos paradoxes, nos angoisses, nos vies...
Comme le poète qui apprit à maîtriser la prose, j'utilise notre environnement pour faire émerger l'imagination qu'on nous nie de plus en plus. Trop souvent en effet l'individu contemporain est victime d'une culture pré-mâchée, qui néglige l'effort intellectuel au « bénéfice » du divertissement consommable.
En me positionnant politiquement, socialement et culturellement, je réagis à cet environnement, en tentant d'interroger les regardeurs qui sont susceptibles de rencontrer ici et maintenant mon travail. Nationalisme en Suisse, politique sécuritaire en France ou censure aux Beaux-Arts de Mulhouse, mon envie de réagir et de faire réagir le spectateur se met en marche.
Le spectateur devient alors un « actionneur », un être pensant qui participe à la création. Il arpente l'oeuvre et le nappe de ses propres expériences. Ainsi, si « l'art est un sport de combat », il fonctionne comme un espace et un temps de confrontation où je tente de déraciner l'homme-consommateur pour replanter la graine d'une réflexion personnelle autant que globale.
Organisant ces rencontres « in situ », je mets en pratique ce que j'appellerai la Théorie du Chaos appliquée à l'art, à savoir : en perturbant un spectateur on peut perturber toute une société... Ainsi, l'utopie politique qui articule mon travail artistique devient une sorte de médium à part entière...