Ensemble de mes projets artistiques et des recherches effectuées au travers de mes résidences et de mes expériences.
[G.08.09]
Installation
Acrylique, pochoir.
90/150
Twall, Strasbourg.
Nous sommes dans un monde où la vision est un sens primordial. Cette « expérience permanente » de la vision, taraude nos attitudes, nos habitudes, notre pensée. Expérience collective en société, celui qui comprend et use des caractéristiques « de ce qui est à voir », peut comprendre et user d'une part d'un pouvoir de domination de masse.
La peinture réalisée sur un mur d'une rue passante de Strasbourg, en son cœur commercial, propose, par sa simplicité même, de porter une autre expérience de ce qui est donné à voir dans un tel environnement.
Inspirée par les tableaux ophtalmologiques et par l'Enfer de Dante, la série de mots propose par l'échelle décroissante des lettrages de mettre en lumière ce qui nous est donné à voir et ce qui disparaît... Ma « classification » par strates successives, pose le mensonge comme « paradis » et la réalité comme « enfer » ; car nous savons bien que ce que l'on nous propose (publicité, politique,etc.) est organisé pour notre bien à tous, influençant notre expérience phénoménale du monde. A l'inverse, la réalité est considérée comme sordide, terre à terre, triviale...
Au travers des propositions artistiques, je tente d'ouvrir un dialogue, un échange par les idées. C'est un « ici et maintenant » sociologique et politique qui m'inspire. L'art, en tant qu'émanation de l'utopie politique, est un des meilleurs moyens de reconfigurer intérieurement celui qui le reçoit et d'accroître son courage à défier les conventions.